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Bon usage de la terreur

Par Nicodème Ngandwe Mutapa Sese

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Bibliothèque Bibliothèque Publique
Domaine Droit
CatégorieArticle
Date de publication15 Feb 2022
Nombre de vues140
Autres DétailsNicodème Ngandwe Mutapa Sese assistant de
l’université de Lubumbashi au centre universitaire de
Kasumbalesa

Conclusion
Comment conclure sur un sujet aussi sensible que l’usage de la terreur
par un Etat démocratique confronté à un adversaire asymétrique ? Si
elles ne peuvent prétendre clore pareil débat, trois remarques
s’imposent néanmoins.
Toute démocratie tentée par la généralisation et la systématisation
de méthodes de terreur parviendra peut-être à des résultats tactiques mais
risque fort d’hypothéquer ses chances au niveau stratégique. Autrement dit,
sauf à être engagée dans une guerre totale comparable aux deux conflits
mondiaux, une démocratie ne peut se permettre d’appliquer une stratégie de
terreur. Ceci découle de la conjonction d’un pur raisonnement stratégique et
de la place structurelle de la morale en démocratie. Cette première
conclusion doit être considérée comme une règle à laquelle toute démocratie
engagée contre un adversaire asymétrique devrait se plier, sous peine de
défaite probable.
En parallèle, et même si un gouvernement annonce clairement qu’il
ne recourra pas à de tels moyens, personne ne peut avoir la certitude
qu’aucun cas de terreur ne sera jamais constaté et rapporté. Aussi ne
faudrait-il pas être surpris si un nouveau Khaled Kelkal venait un jour à être
abattu devant les caméras de télévision ou si des journalistes découvraient
que des « vols secrets de la CIA » ont transité par le territoire national. Ce
n’est pas parce que la France « a fait le choix juridique, philosophique et
stratégique de combattre le terrorisme dans le cadre de l’Etat de droit »14
qu’elle est pour autant immunisée contre l’utilisation de méthodes illégales.
Enfin, si l’utilisation massive de la terreur risque de conduire une
démocratie engagée dans une guerre limitée à la défaite, il est néanmoins
légitime de se demander si toutes les formes de terreur peuvent être
totalement et toujours bannies. La « morale démocratique » incite à répondre
positivement mais, d’un point de vue stratégique, la réponse ne va pas de
soi, comme l’indique la citation de Clausewitz placée en exergue. Définir
précisément et de manière très restrictive les pratiques tolérables et celles
qui ne le sont pas pourrait ainsi se révéler contre-productif, ne seraitce que
dans une logique de dissuasion.

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