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L’Afrique au prisme de l’ethnicité : perception française et actualité du débat

Par Nicodème Ngandwe Mutapa Sese

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Bibliothèque Nicodème Ngandwe Mutapa Sese
Domaine R.I
CatégorieArticle
Date de publication31 Dec 2021
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La question de l’identité s’impose incontestablement comme un des grands débats politiques et scientifiques de notre époque comme en témoigne l’abondante littérature qui lui est consacrée 1. Le constat a quelque chose de paradoxal à l’heure de la mondialisation porteuse, dit-on, de dissolution des différences. Mais il s’agit d’un faux paradoxe : loin d’avoir des effets univoques, la mondialisation est en effet un processus dual fait, d’une part, de globalisation économique, de dé-territorialisation et d’uniformisation culturelle, et, d’autre part, d’affirmation des particularismes et des aspirations étatiques dont la récurrence (Palestine, Timor Oriental, ex- Yougoslavie, ex-URSS, etc...) remet en cause les thèses sur la fin des nationalismes, qu’elles soient d’inspiration néo-marxiste 2 ou libérale 3, et nuance assez sensiblement celles relatives à la crise de la territorialité 4. Dans ce contexte, la légitimité scientifique de l’objet identitaire s’avère d’autant moins contestable que l’identitarisme paraît se nourrir du syndrome de « démodernisation » associée, selon A. Touraine 5, à une mondialisation qui inquiète, à la désocialisation de l’économie, au brouillage des identités nationales et au repli sur le local, autant de phénomènes dont l’interprétation met à rude épreuve les systèmes explicatifs globaux peu enclins à prendre en considération la subjectivité des acteurs.
C’est naturellement à l’Afrique subsaharienne que l’on pense instinctivement, et sur le mode négatif le plus souvent, quand on évoque cette question. Il est vrai que l’ethnicité, c’est-à-dire la conscience d’appartenir à un groupe humain différent des autres et de le revendiquer, y imprègne profondément les imaginaires et les comportements, en même temps qu’elle y participe puissamment de l’organisation sociale et politique. Mais, comme ailleurs, elle s’y combine aussi avec d’autres catégories classificatoires et, surtout, elle n’y résume pas tout le politique. Loin d’être un principe interprétatif absolu, l’ethnicité y est donc plutôt un mode d’action collective parmi d’autres mais elle s’y décline selon des codes et des procédures spécifiques.

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