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Synergie politique monétaire et politique de change pour une stabilité des prix en République Démocratique du Congo, de 2013 à 2022.

Par Wadiadio Tondele Raphaël • Bibliothèque : Wadiadio Tondele RaphaëlEconomie • Mémoire • 2024-03-20 • 50 vue(s)

Au terme de notre étude intitulé : « Synergie politique monétaire et politique de change pour une stabilité des prix en RDC, de 2013 à 2022 », notre objectif était de comprendre si une synergie politique monétaire et politique de change seraient l’un des déterminants de la stabilité du niveau général des prix en République Démocratique du Congo d’une façon générale et spécifiquement, d’examiner l’efficacité cohérente des impulsions monétaires (politique monétaire) et des interventions de l’autorité monétaire sur le marché de change (politique de change) d’une part, et d’analyser le sens de la relation entre le taux d’inflation et le taux de change d’autre part.

Partant de notre problématique de recherche, nous avons formulé les questions suivantes :

Les politiques monétaire et de change mise en œuvre par la Banque Centrale du Congo durant la période sous étude ont-t-elles été efficacement coordonnées ?

Existe-il une relation de cause à effet entre le taux d’’inflation et le taux de change en RDC ? 

Eu égard aux questions des recherches, nous avons formulés les hypothèses ci-après :

Les politiques de change et monétaire mises en œuvre durant la période sous étude ont été inefficace et non cohérentes.

Il existe une relation de cause à effet entre l’évolution du taux d’inflation et le taux de change en RDC. Au regard des caractéristiques de l’économie congolaise, c’est le taux de change qui cause de l’inflation.

Dans le but de vérifier nos hypothèses des recherches en phase avec nos objectifs de l’étude, nous avons fait recours aux méthodes analytico-comparative ainsi que descriptive, appuyées par les techniques documentaire et d’interview libre pour des raisons de subdivisions, la présente étude est structurée en quatre (04) chapitres, à savoir :

Chapitre premier : Cadre conceptuel de l’étude ;

Chapitre deuxième : Cadre d’analyse théorique ;

Chapitre troisième : Analyse de la politique monétaire et politique de change en RDC ;

Chapitre quatrième : Analyse empirique de la relation taux d’inflation et de change.

Après analyse des données empiriques à notre disposition, nous avons abouti aux résultats ci-dessous :

Taux d’inflation : Il ressort sur l’analyse de la réponse impulsionnelle qu’un choc positif sur le taux d’inflation se traduit par un effet nul sur la variation du taux de change, le taux directeur, la variation des réserves de changes et la variation de la masse monétaire à la première période. Un effet positif sur la variation du taux de change et négatif sur les restes des variables à la cinquième période. Et cette situation demeure pour la dernière période.

Taux de change : Il ressort également sur l’analyse de la réponse impulsionnelle qu’un choc positif sur la variation du taux de change parallèle se traduit par un effet positif sur le taux d’inflation et un effet nul sur le taux directeur, la variation des réserves de change, ainsi que sur la variation de la masse monétaire à la première période. Un effet positif sur le taux d’inflation et négatif sur le taux directeur, la variation des réserves de changes et sur la variation de la masse monétaire à la cinquième période. Et un choc négatif de la variation du taux de change à un effet négatif sur l’ensemble des variables à la dixième période. 

Parallélisme taux d’inflation et taux de change :Les résultats indiquent que le taux d’inflation dépend positivement et de façon significative de ses propres valeurs passées mais aussi positivement de la variation du taux de change parallèle. La hausse de la variation du taux de change parallèle entraine également la hausse du taux d’inflation, et positivement du taux directeur, des réserves de change et négativement de la variation de la masse monétaire  décalés d’un mois. Donc, la hausse de la variation du taux de change parallèle entraine l’augmentation de l’inflation, ce qui affirme et renforce notre supposition. La variation du taux de change parallèle quant à elle dépend positivement de ses propres valeurs passées, du taux d’inflation et de la variation des réserves de change décalés d’un mois. C’est-à-dire, la hausse du taux d’inflation entraîne l’augmentation de la variation du taux de change parallèle. Egalement, la variation du taux de change parallèle dépend négativement du taux directeur et de la variation de la masse monétaire. Ces résultats nous ont amené à considérer que l’évolution de la variation du taux de change est causée par les fluctuations du taux d’inflation. En d’autre terme, une augmentation du niveau général des prix (inflation) entraîne une dépréciation de la monnaie nationale (taux de change). Au niveau externe cela se produit lorsque l’inflation est élevée dans le pays par rapport à un autre, la valeur de sa devise a tendance à diminuer par rapport à celle de l’autre pays. Cela se fait parce que l’inflation réduit le pouvoir d’achat de la devise, ce qui la rend moins attrayante pour les investisseurs étrangers. Au niveau interne, cela se réalise lorsque l’offre de monnaie de monnaie excelle la demande de monnaie entrainant ainsi l’accroissement de la masse monétaire qui occasionne de l’inflation en réduisant le pouvoir d’achat du consommateur, d’où la dépréciation.

Test de causalité : Il ressort au sens de GRANGER au seuil de 10% pour toutes les variables de l’étude que la variation du taux d’inflation cause celle du taux de change et cette dernière se répercute au taux directeur.

Variance des erreurs : Il ressort de ces résultats que, 88,61% de la variation de l’erreur de prévision du taux d’inflation sont dues à ses propres innovations, 8,37% sont dues aux innovations de la variation du taux de change, 0,07% sont dues aux innovations du taux directeur, 0,08% sont dues aux innovations de la variation des réserves de change et 2,87% à celles de la variation de la masse monétaire. Et 73,20% de la variation de l’erreur de prévision de la variation du taux de change sont dues à ses propres innovations, 25,28% sont dues aux innovations du taux d’inflation, 0,70% sont dues aux innovations du taux directeur, 0,06% sont dues aux innovations de la variation des réserves de change et 0,76% à celle de la variation de la masse monétaire.

Au regard des résultats ci-dessus, nous formulons les recommandations suivantes :

Nous recommandons à l’autorité monétaire (BCC)la pérennisation de la stabilité de la monnaie en évitant la reproduction des phases alternatives de stabilité/instabilité (stop and go) qui ne favorisent pas la consolidation de la confiance du public en la monnaie nationale, ni l’accélération du processus de dé-dollarisation de l’économie ;

Nous recommandons à l’autorité monétaire (BCC) de contrôler le marché de change en réorganisant le système financier et bancaire (Rendre le crédit accessible aux congolais en monnaie nationale) ;

Nous recommandons au gouvernement une bonne tenue des finances publiques par la réalisation des marges de trésorerie dans l’exécution des opérations financières de l’Etat afin de réduire la pression sur le marché des changes découlant l’excès de l’offre de la monnaie locale.


Autres Détails

Mémoire présenté et défendu en vue de l’obtention du titre de licencié en sciences économiques

Directeur : Professeur Henry GERENDAWELE NGBASE
Rapporteur : Assistant Walter NSONGOLO SIKATOMISA


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